Vitamine C. Acide hyaluronique. Rétinol. Niacinamide. Peptides. Antioxydants. Acides de fruits…
Il suffit aujourd’hui de quelques minutes sur les réseaux sociaux ou sur un site de cosmétique pour avoir le sentiment qu’il manque forcément quelque chose à notre routine.
Et très souvent, ce « quelque chose » prend la forme d’un nouveau sérum.
Pourtant, après plus de 35 années passées dans l’univers des plantes, de la santé naturelle et de la cosmétique, j’en suis arrivé à une conviction presque inverse :
avant de chercher ce que vous pourriez ajouter à votre peau, demandez-vous ce dont elle a réellement besoin.
C’est l’une des idées qui m’a conduit à écrire Moins. Mais mieux. et qui inspire aujourd’hui la philosophie de SidiB.
Car non, votre peau n’a probablement pas besoin du dernier sérum dont tout le monde parle.
Elle a peut-être simplement besoin que vous preniez mieux soin d’elle.
Pourquoi utilisons-nous autant de sérums ?
Le sérum est devenu en quelques années l’un des produits emblématiques de la cosmétique moderne.
Sa promesse est séduisante : une formule concentrée, généralement construite autour d’un ou plusieurs actifs, destinée à répondre à une problématique précise.
Rides, manque d’éclat, taches, sécheresse, imperfections, fermeté…
À chaque préoccupation semble désormais correspondre un sérum.
Le problème ne vient donc pas nécessairement du sérum lui-même. Certains sérums sont parfaitement intéressants lorsqu’ils répondent à un besoin clairement identifié.
Le problème commence lorsque nous raisonnons ainsi :
une préoccupation = un produit supplémentaire.
J’ai des rides ? J’ajoute un sérum.
Ma peau manque d’éclat ? J’en ajoute un autre.
Je remarque une tache ? Encore un.
Ma peau tiraille ? Un quatrième produit entre dans la salle de bains.
Progressivement, la routine ne répond plus à une logique globale. Elle devient une juxtaposition de réponses à des problèmes.
Après 40 ans, faut-il vraiment multiplier les actifs ?
La peau évolue avec le temps.
Après 40 ans, elle peut devenir plus sèche, plus fine ou plus sensible. Sa production naturelle de lipides diminue progressivement et son renouvellement ralentit.
Ces évolutions ne signifient pourtant pas qu’il faut multiplier les produits.
Elles invitent plutôt à mieux choisir les gestes et les soins.
C’est une distinction essentielle.
Une peau mature n’est pas une peau qu’il faudrait sans cesse corriger. C’est une peau qu’il faut accompagner.
Elle a notamment besoin que l’on respecte sa barrière cutanée, que l’on préserve son confort, que l’on lui apporte les lipides dont elle peut manquer et qu’on évite de la solliciter inutilement.
C’est précisément la réflexion développée dans notre article pilier consacré à la routine visage minimaliste après 40 ans.
Le piège de l’accumulation
Plus une routine comporte de produits, plus il devient difficile de savoir ce qui fonctionne réellement.
Imaginez que vous utilisiez simultanément trois sérums, une crème, une huile, un exfoliant et plusieurs soins ciblés.
Votre peau s’améliore.
Quel produit a réellement fait la différence ?
À l'inverse, votre peau commence à tirailler ou à rougir.
Quel produit faut-il arrêter ?
L'accumulation rend la lecture de la peau plus compliquée.
Et c’est peut-être là l’une des erreurs les plus fréquentes de la cosmétique contemporaine : nous observons davantage les produits que notre propre peau.
Avant d’acheter un nouveau sérum, posez-vous 5 questions
Lorsque vous êtes tentée par un nouveau soin, je vous propose un exercice extrêmement simple.
Demandez-vous :
- Quel besoin précis de ma peau ce produit doit-il satisfaire ?
- Un produit que j’utilise déjà répond-il à ce besoin ?
- Ma routine actuelle est-elle utilisée suffisamment régulièrement pour pouvoir la juger ?
- Ma peau est-elle réellement inconfortable ou est-ce la promesse du produit qui crée le besoin ?
- Puis-je retirer quelque chose avant d’ajouter quelque chose ?
Cette dernière question est probablement la plus importante.
Nous avons été habitués à penser la cosmétique par addition.
Essayons parfois de la penser par soustraction.
La peau aime aussi la régularité
Un phénomène me frappe depuis longtemps : nous sous-estimons énormément la puissance de la régularité.
Nous cherchons volontiers le produit exceptionnel alors que nous utilisons parfois de manière irrégulière les excellents produits que nous possédons déjà.
Or la peau fonctionne selon des rythmes biologiques.
Elle ne change pas parce qu’un nouveau flacon est apparu dans notre salle de bains.
Les résultats d’une routine se construisent dans le temps.
Un nettoyage respectueux, un soin adapté et quelques gestes répétés quotidiennement peuvent avoir davantage de sens qu’une succession permanente de nouveautés.
La constance est probablement l’un des actifs cosmétiques les plus sous-estimés.
Sérum ou huile visage : quelle différence ?
La question revient régulièrement.
Un sérum et une huile végétale n’ont pas exactement la même fonction.
Un sérum est généralement formulé pour délivrer certains actifs ciblés dans une texture légère.
Une huile végétale apporte principalement des lipides et des composés naturellement présents dans la matière végétale. Selon sa composition, elle contribue notamment au confort, à la souplesse et à la protection de la peau.
Il ne s’agit donc pas d’affirmer que l’huile doit systématiquement remplacer le sérum.
Il s’agit de se demander :
ai-je réellement besoin des deux ?
Pour certaines peaux et certaines problématiques, la réponse sera oui.
Pour d’autres, notamment lorsqu’on recherche une routine visage simple après 40 ans, quelques gouttes d’une huile végétale de grande qualité peuvent parfaitement trouver leur place dans une routine courte.
Pourquoi les huiles végétales me passionnent depuis si longtemps ?
Mon intérêt pour les huiles végétales ne vient pas d’une tendance.
Il s’est construit au fil de plus de trente-cinq années passées à travailler avec les plantes et les ingrédients naturels.
Une belle huile végétale possède quelque chose que j’apprécie particulièrement : elle n’essaie pas d’être dix produits à la fois.
Elle possède une origine, une composition et une fonction.
C’est cette recherche qui m’a notamment conduit à m’intéresser à l’huile de pépins de figue de Barbarie, naturellement riche en acides gras, phytostérols et vitamine E.
Chez SidiB, nous avons choisi de la proposer 100 % pure et pressée à froid, plutôt que de la diluer dans une formule complexe.
C’est une autre manière de concevoir la cosmétique : ne pas nécessairement chercher à transformer davantage une matière première remarquable, mais commencer par respecter ce que la nature nous offre.
Et si votre prochain geste beauté consistait à ne rien acheter ?
C’est évidemment une drôle de phrase à écrire lorsque l’on a créé une marque de cosmétique.
Et pourtant, je la pense sincèrement.
Avant votre prochain achat, terminez ce que vous possédez.
Observez votre peau.
Simplifiez votre routine pendant quelques semaines.
Soyez régulière.
Puis regardez.
Si un besoin précis demeure, cherchez alors le produit capable d’y répondre.
Mais n’ajoutez pas un sérum simplement parce qu’un nouveau sérum existe.
En conclusion
Après 40 ans, prendre soin de sa peau ne signifie pas nécessairement multiplier les actifs et les produits.
Cela signifie d’abord comprendre ses besoins, choisir des soins adaptés et les utiliser avec régularité.
Votre peau n’a peut-être pas besoin d’un nouveau sérum.
Elle a peut-être simplement besoin que vous lui laissiez le temps de bénéficier de ce que vous lui apportez déjà.
C’est toute la philosophie que je développe dans mon livre Moins. Mais mieux.
Moins de produits.
Moins de confusion.
Plus de cohérence.
Parce que la peau n’a pas besoin de plus.
Elle a besoin de mieux.
Jean-Pierre Juguet — Fondateur de SidiB, auteur de Moins. Mais mieux.
En lire plus

De nombreux internautes recherchent aujourd’hui des exemples de résultats avant après concernant l’huile de figue de barbarie. Cette curiosité est naturelle : avant d’intégrer un nouveau soin dans ...

Nous consacrons beaucoup de temps à nous demander quelle crème, quel sérum ou quelle huile appliquer sur notre visage. Beaucoup moins à nous demander pourquoi notre peau change parfois d'aspect san...
